Entretien dans les coulisses de l’expostion « Illuminations- de la Terre au Bijou »

Entretien dans les coulisses de l’expostion « Illuminations- de la Terre au Bijou »

Actualités Bijoux- Les passionnés de gemmologie le savent, une fois passé la porte de l’Hôtel Vendôme à Paris, ce sont près de 3.000 espèces minérales qui se dévoilent. Alors que le Musée de Minéralogie crée en 1794, possède à ce titre, l’une des plus complètes et fabuleuses collections de minéraux au monde, Paula Creshovay, reconnue pour être la Reine de la Couleur, prête 32 de ses joyaux dans une confrontation sans précédent avec 50 des spécimens muséaux. De quoi sous un angle inédit, permettre au visiteur de comprendre comment cette joaillière américaine muti-primée  et plus généralement l’industrie joaillière, passe du minéral au bijou. D’ où la volonté de rencontrer Eloïse Gaillou, l’un des curateurs de l’exposition : Illuminations-de la Terre au Bijou.

 

-Comment le projet de cette exposition est-il né ?

-Paula Creshovay ayant exposé son travail dans de nombreux musées comme celui du Gemological Institute de Carlsbard en Californie, au Carnegie Museum of Natural History où à la réputée Smithsonian Institution à Washington qui compte parmi ses expositions permanentes, la broche Conchita, désirait montrer ses créations joaillières sous un jour nouveau. Son vœu était de partager sa passion pour les gemmes dont elle comprend particulièrement le langage, en montrant comment à partir de la forme, de la couleur et de l’esthétique naturelle d’un minéral brut, un designer joaillier peut parvenir à imaginer et concevoir un bijou.

 

-Pourquoi l’avoir appelée « Illuminations – De la Terre au Bijou » ?

-Paula Creshovay avait à cœur d’exposer à Paris. Une ville qui symbolise pour elle le berceau de la haute joaillerie mais aussi la lumière, si importante dans son œuvre où apparaissent le plus souvent des gemmes aux indices de réfraction élevés, qu’elle combine ou non avec d’autres moins brillantes, à la manière d’un peintre selon sa formation initiale, pour parvenir à des jeux de luminosité intenses, où le contraste prend tout son sens.

 

– Quelles difficultés avez- vous rencontrées pour concevoir cette confrontation du minéral au bijou ?

-Paula Creshovay avait initialement pensé exposer dans la galerie de l’Université Pierre et Marie Curie à la Sorbonne. Mais les lieux étaient trop exigus. C’est donc avec joie que nous avons appris qu’elle était tombée sous le charme des collections du Musée de Minéralogie et de l’Hôtel Vendôme. A partir de cette candidature retenue, la difficulté a été de réunir les 32 pièces joaillières exposées qui ont toutes été prêtées par des collectionneurs privés. Puis de déterminer quels spécimens mettre en avant.

 

-Pouvez-vous développer cette dernière idée ?

-Cette créatrice surnommée la  Reine de la couleur  utilise une palette de gemmes extrêmement large. Si nous pensions exposer le minéral brut prédominant dans le bijou, cette créatrice dessinant ses bijoux à partir d’une pierre de centre, nous nous sommes vite rendus compte qu’il était plus judicieux de lui adjoindre deux  échantillons au fil des échanges menées avec cette créatrice pendant deux ans, pour refléter la diversité des pierres qu’elle utilise pour chacune de ses créations.

 

-Qu’entendez-vous par là ?

 –Au fil de sa carrière qui a débuté en 1983 et qui a été couronnée de nombreuses récompenses comme le Spectrum Award, le Couture Design Award, Paula Creshovay ne s’est pas contentée d’utiliser les quatre pierres précieuses traditionnellement prisées dans la haute joaillerie comme le diamant, l’émeraude, le saphir et le rubis. Elle a osé manipuler des gemmes plus insolites ainsi que la chrysocolle aux liens de parenté avec la turquoise, l’apatite et la sphalérite si fragiles à manipuler et bien d’autres à l’éclat intense, ne connaissant aucune restriction dans le domaine de la gemmologie. Même si elle voue un culte aux opales noires nobles d’Australie et aux opales de feu du Mexique que vous retrouvez au fil de 7 bijoux exposés.

 

-Qu’est-ce qui vous fascine le plus dans sa signature ?

-L’aisance avec laquelle elle joue avec les minéraux étudiant les différentes façon de les travailler pour en révéler toute la beauté une fois facettés, polis, gravés ou sculptés. Ou encore l’art de les combiner ensemble dans lequel elle excelle. Donnant vie à des représentations de la nature qui ne cesse de l’inspirer à travers des figurations de fleurs – plus particulièrement d’orchidées -, d’animaux terrestres, aériens ou marins. Mais aussi à d’éblouissantes marqueteries qui rendent un vibrant hommage à l’Inde ou honore le savoir-faire de l’orfèvrerie des temps anciens avec des formes qui remontent à l’époque médiévale.

 

-Quel accueil reçoit cette exposition en cours jusqu’au 1er février 2017 ?

 –Les visiteurs sont éblouit par tant de couleurs, d’éclat, de luminosité et étonnés de découvrir à quelle point cette joaillière hors norme respecte le minéral brut pour l’incorporer dans ses créations dont l’exemple le plus spectaculaire est une croix taillée à 90° à la surface d’un quartz rutilé. Sidérant.

 

 

 

Exposition : « Illuminations – de la Terre au Bijou »

Musée de Minéralogie MINES Paris Tech

60 Boulevard Saint-Michel

75006 Paris

Ouvert : du Mardi au Vendredi de 13h30 à 18 h

Samedi : de 10h à 12h30 et de 14h à 17 h

 

Propos recueillis par Caroline Bigeard-Duchatel

Caroline Bigeard
Caroline Bigeard
Éditrice de Bijoux et Consultante Haute Joaillerie; Jewels Editor and Jewelry Consultant
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